Italie dans la ligne de mire de l’EGBA

En Italie, le marché noir des jeux d'argent en ligne dispose d'un chiffre d'affaires colossal.

La Gazzetta dello Sport pointe du doigt l’état alarmant du marché noir des jeux d’argent en Italie. Il publie un rapport selon lequel le chiffre d’affaires de ce secteur s’élève à 26,47 milliards de dollars soit 25 milliards d’euros. La réponse de l’EGBA (European Gaming and Betting Association), l’association européenne des jeux et paris, est cinglante.

L’interdiction de publicité mise en cause

Maarten Haijer, secrétaire général de l’EGBA déclare que : « L’interdiction de la publicité pour les opérateurs de jeux licenciés favorise clairement le marché noir ». Elle affirme que la règlementation italienne sur les promotions est l’une des plus restrictives d’Europe.

Pour rappel, le conseil des ministres italien a approuvé cette interdiction en 2018, pour une entrée en vigueur en janvier 2019. Cette loi fait barrage à toutes promotions portant sur les jeux de hasard et les jeux d’argent. Aucune publicité d’aucune sorte ne peut être diffusée à la télé, à la radio ou sur internet.

À l’époque, cette nouvelle avait déjà provoqué le tollé d’un bon nombre d’acteurs de l’industrie du jeu, notamment les opérateurs en ligne.

Pour justifier la décision du gouvernement, le vice-premier ministre Luigi Di Maio a évoqué la protection des joueurs. Il estimait que le secteur des jeux d’argent prenait trop d’ampleur. Ainsi, l’État a pensé que censurer la publicité endiguerait l’engouement pour ces divertissements.

Cependant, il apparaît clair que la stratégie n’a pas fonctionné. Les parieurs préfèrent se tourner vers le marché noir au lieu d’arrêter de jouer. De plus, l’absence de publicités les rend vulnérables. En effet, les amateurs italiens de casinos en ligne ont du mal à différencier les sites légaux des autres.

Un combat de longue haleine

Cette fuite vers le marché noir signifie que l’Italie souffre d’un gros manque à gagner. En effet, ces activités illicites privent le pays d’environ 1 milliard d’euros de recettes fiscales. De plus, elles génèrent des emplois et des fonds dont les Italiens ne pourraient pas profiter.

Par conséquent, l’Italie s’efforce d’éradiquer le problème par le biais de l’ADM ou l’agence italienne des douanes et des monopoles. Rien qu’en 2023, 9 800 sites de jeux d’argent en ligne illégaux ont été bloqués. Alors que le nombre s’élevait à 400 en 2022.

En effet, ces plateformes constituent des risques pour les joueurs italiens. Il y a fort à parier qu’elles se préoccupent peu ou pas du tout de la sécurité de leurs membres.

En outre, les ressortissants de la Botte affichent un penchant pour les plateformes basées en dehors de l’Union européenne. Cela signifie qu’il y a un préjudice indirect pour tous les États européens.

Au passage, l’EGBA profite de ce constat sur l’Italie pour mettre en garde les autres pays. En Australie, en Irlande et surtout au Royaume-Uni, une tendance à l’interdiction des publicités commence à gagner du terrain.

Pour conclure, les décideurs se voient obligés de procéder à un travail d’équilibriste. Ils doivent constamment jongler entre la protection des joueurs et veiller à la santé financière du pays. Certes, des lois trop strictes peuvent pousser les opérateurs à fuir. Or, leurs activités produisent des profits importants économiquement parlant. De surcroît, les jeux d’argent en ligne et physiques génèrent de l’emploi.

Cependant, il est impossible de ne pas imposer un cadre légal, surtout pour protéger les plus jeunes. Ainsi, un trop-plein de publicités est également nocif.