De nouveaux casinos pour de nouvelles communes

des nouveaux casinos en france

De nombreuses communes françaises sont maintenant éligibles à l’ouverture d’un casino terrestre. Le 5 décembre, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi qui a assoupli les critères permettant de se doter d’un établissement de jeu.

Son objectif ? « Réduire les inégalités territoriales pour les ouvertures de casino ». 70% des élus l’ont validé.

Assouplissement des conditions d’ouvertures

Grâce à cette nouvelle loi, de nombreux autres sites pourront prétendre à l’installation d’un casino.

Pour rappel, l’article L.321-1 du code de la sécurité intérieure a restreint l’implantation de l’établissement de jeux aux seules villes thermales et touristiques, mais aussi aux grandes agglomérations de plus de 500 000 habitants. Et encore, il faut également disposer d’infrastructures culturelles comme un orchestre ou un opéra.

Dorénavant, les sites à fort patrimoine équestres pourront disposer d’un casino. Selon la proposition de loi, il s’agit « des communes sur le territoire desquelles sont implantés, au 1er janvier 2023, le siège d’une société de courses hippiques ainsi que le site historique du Cadre noir ou un haras national où ont été organisés au moins dix événements équestres au rayonnement national ou international par an entre le 1er janvier 2018 et le 1er janvier 2023 ».

De nombreuses communes répondent à ces critères. Si Saumur et Arnac-Pompadour revient souvent, des noms comme Rosières-aux-Salines, Villeneuve-sur- Lot et Pompadour sont aussi éligibles.

La loi prévoit également de permettre les casinos dans des départements frontaliers qui n’en possèdent pas encore. Les Ardennes et Meurthe-et-Moselle sont bonnes candidates.

Des privilèges non négligeables

Si l’inégalité des départements constitue un argument central quant à l’importance de cette loi, c’est qu’un casino est source de retombées économiques importantes.

À l’heure actuelle, les 197 casinos du territoire métropolitain se concentrent en bord de mer et dans quelques grandes villes. Rien qu’en 2022, on estime que ces casinos rapportent en moyenne 1,4 million d’euros annuels à leur ville d’accueil. Il faut savoir que la loi autorise les collectivités à ponctionner jusqu’à 15% du produit brut des jeux.

En outre, l’installation d’un établissement de jeux crée des emplois et donne un coup de pouce au tourisme. Le casino boosterait l’attractivité d’un territoire. Des avantages dont les communes éligibles auraient grandement besoin. Les villes équestres, notamment, « qui ont des atouts, mais qui ne pourront bientôt plus les assumer ni les préserver » à en croire Frédérique Meunier, député porte-étendard de la nouvelle loi.

Un problème de santé publique ?

L’implémentation de nouveaux casinos potentiels ne fait pas que des enthousiasmes. L’attrait économique de ce genre d’établissement ne fait pas tout, à en croire certains acteurs du milieu.

La position de l’Agence Nationale des Jeux, régulateur des jeux d’argent en France, reste la régulation du marché existant. Avec près de 200 casinos, le pays possède, en effet, l’un des plus grands réseaux de casino d’Europe. À l’échelle du continent, cela fait 40% de toute l’offre.

Addiction France, qui lutte contre de nombreuses formes d’addition, craint surtout l’augmentation du nombre de joueurs problématiques. S’exprimant sur le sujet, l’association a avancé que 75% du chiffre d’affaires des casinos terrestres était généré par des joueurs « à risque, voire dépendant ».

Quoi qu’il en soit, l’actuelle faveur dont bénéficient les casinos pourrait également aider un autre combat des opérateurs français. En effet, ceux-ci militent depuis quelque temps à élargir la législation sur les casinos en ligne. À l’heure actuelle, la loi n’a offert de dérogation qu’au poker et aux paris sportifs. Une situation que beaucoup voudrait voir évoluer, en régularisant notamment les machines à sous en ligne et le blackjack. Des pays voisins comme le Royaume-Uni et la Belgique ont déjà sauté le pas.