Australie : les clubs de poker désormais interdits en Tasmanie

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Pionnier dans la légalisation des jeux d’argent, l’État de Tasmanie en Australie prend un virage inattendu. Dorénavant, il interdit le poker en dehors de ses casinos. Une décision qui change radicalement la dynamique du divertissement dans la région.

Club de pokers en crise : la fin d’une époque

La Tasmanie a été le premier Etat à légaliser les jeux de hasard en Australie. Et contre toute attente, il vient de prohiber le poker. Un domaine pourtant très florissant dans de nombreuses régions du pays.

Désormais, cette activité se voit maintenant restreinte à l’univers des casinos. Autrement dit, le poker n’est plus légal que dans ces établissements de jeux réglementés.

Voilà la décision prise par le gouvernement tasmanien, en collaboration avec la Tasmanian Liquor & Gaming Commission (TLGC).

De ce fait, les organisations d’envergure comme le Tasmanian Poker League ou encore l’Australian Poker League (APL) sont confrontées à cette censure. Pourtant, elles ont fonctionné sans heurts pendant des années. Cette nouvelle réglementation met donc en péril les différents clubs de poker de la Tasmanie.

Quant au motif de cette décision, Craig Abernethy, fondateur d’Australian Poker Schedule, clarifie la situation. En effet, c’est la manière dont les clubs organisaient leurs compétitions et jeux qui ont mené à des réflexions.

La particularité de la Tasmanie, c’est qu’elle n’autorise pas les jeux de poker impliquant des mises en argent. Sauf s’ils sont organisés par un casino en ligne ou physique.

Pour déjouer cette restriction, les clubs de poker ont donc adopté depuis longtemps une approche alternative. Au lieu d’utiliser de l’argent liquide, les parieurs peuvent acquérir des marchandises comme moyen de paiement. Une solution temporaire qui a finalement été stoppée par la TLGC.

Répercussions économiques considérables

Avec la nouvelle mesure, les trois grands clubs de poker de Tasmanie ont perdu leur terrain de jeu. Tout naturellement, ils ont vu disparaître les milliers de parieurs.

Aussi, Craig Abernethy estime que des centaines d’employés travaillant pour les opérateurs en subiront aussi les conséquences.

Les clubs et les pubs, qui tirent leur revenu de la vente de boissons et de nourriture, feront également face à un choc économique. De plus, cette dure épreuve tombe à la pire période de l’année.

Il est clair que la fameuse restriction cible les jeux de poker qui utilisent l’achat de marchandises comme buy-in. Pourtant, la Tasmanian Poker League a décidé d’annuler son tournoi freeroll, un évènement sans frais d’inscription.

Entain : un géant des jeux profondément touché

Clairement, l’interdiction impacte donc les joueurs et les établissements locaux. Mais elle a également des répercussions sur l’opérateur mondial de jeux, Entain.

Ayant acquis l’APL en début d’année, l’entreprise a déclaré que celle-ci avait organisé des parties de poker pour « 25 000 clients dans des pubs et des clubs » en l’espace d’un an.

La TLGC souligne que la fameuse mesure ne se limite pas aux mises en espèces. Elle concerne tout type de droit d’entrée. Autrement dit, tout jeu de poker en dehors des casinos et qui exigent un buy-in.

Face à cette tournure inopinée, Entain, l’APL et bien d’autres acteurs de l’industrie ne baissent pas les bras. Ils cherchent à convaincre la TLGC de reconsidérer sa décision.

Pour eux, la bataille n’est pas seulement contre une interdiction. Mais aussi contre une mesure qui impacte une bonne partie de l’économie locale.