Quand la ludomanie devient une affaire d’Etat

La retraite semble être pénible pour l’ex-député du parti socialiste Henri Jibrayel. En septembre 2020, il a écopé de 2 ans et demi de prison et doit payer des amendes de plusieurs milliers d’euros pour abus de confiance et prise illégale d’intérêt. La situation ne semble pas s’améliorer pour ce retraité. En 2021, l’opinion publique crie […]

Henri Jibrayel

La retraite semble être pénible pour l’ex-député du parti socialiste Henri Jibrayel. En septembre 2020, il a écopé de 2 ans et demi de prison et doit payer des amendes de plusieurs milliers d’euros pour abus de confiance et prise illégale d’intérêt. La situation ne semble pas s’améliorer pour ce retraité. En 2021, l’opinion publique crie encore au scandale, car l’homme politique est lié à d’autres affaires de détournement d’argent.

Une passion irrépressible pour les jeux d’argent

Henri Jibrayel est accusé d’avoir dilapidé des fonds publics dans des établissements de jeux pendant son mandat entre 2007 et 2017. Les preuves liées à ces infractions sont véridiques et irréfutables. De 2012 à 2013, l’ex-député a utilisé une carte IRFM pour régler ses dettes de jeu de 13 800 € au casino d’Aix-en-Provence. IRFM est l’acronyme pour Indemnité Représentative des Frais de Mandat. C’est une somme d’argent alloué aux députés pour réaliser leurs missions à savoir contrôler les actes du pouvoir exécutif et voter des lois. Depuis 2018, l’utilisation de ces indemnités doit être motivée et justifiée : factures, preuve de paiement…

Henri Jibrayel a clamé son innocence pendant tout son procès. D’une part, l’accusé avoue présenter des problèmes d’addiction au jeu et être interdit de casino depuis longtemps. Il était incapable de s’arrêter de jouer. D’autre part, l’ex-député estime avoir utilisé son argent personnel, car les fonds qu’il avait à sa disposition ne nécessitaient pas de justification spécifique à l’époque. « L’argent des dépenses de jeu, c’est mon argent, je n’ai pas utilisé d’argent public, je le dis solennellement », déclare Henri Jibrayel en défendant sa cause auprès du tribunal correctionnel de Marseille.

4 sanctions différentes pour la même infraction

Henri Jibrayel a comparu devant le tribunal de Marseille le 27 octobre 2021. Après avoir auditionné le prévenu et analysé les preuves en sa possession, le procureur Mathieu Vernaudon a annoncé l’existence d’une infraction pénale. Il faut savoir que dans le cadre de ses anciennes fonctions, l’homme politique a également utilisé d’autres deniers publics pour son usage personnel. Les instructions du ministère public ont confirmé l’achat d’une voiture à 28 400 € avec le prêt d’honneur de 18 000 € accordé par l’Assemblée nationale.

Le procureur a requis la restitution des montants détournés, le paiement d’une amende de 10 000 €, une peine d’emprisonnement de 1 an et demi avec 6 mois de sursis et l’inéligibilité dans les fonctions publiques pendant 3 ans successifs. Selon ce juge : « ce genre de comportement, l’utilisation de fonds publics à des fins personnelles, contribue à l’affaiblissement de la démocratie. »

La décision finale de la juridiction de Marseille doit être rendue le 22 novembre 2021. L’infraction étant établie, il n’y a plus aucun doute sur la condamnation d’Henri Jibrayel. Ce qu’il reste à savoir dans cette affaire c’est la nature des sanctions que le tribunal va prononcer. Va-t-il se référer ou non aux peines recommandées par le magistrat Mathieu Vernaudon ? Dans tous les cas, l’accusé peut toujours s’opposer à la décision et demander l’intervention d’une juridiction d’appel.