Publicité et jeux d’argent : l’ANJ publie des recommandations

Publicité et jeux d’argent : l’ANJ met les points sur les i

L’ANJ, autorité nationale des jeux, a récemment durci le ton, face aux abus marketing des opérateurs agréés. Le régulateur a ainsi rappelé les mesures auxquelles sont soumis ces derniers et qu’ils sont obligés de respecter. L’annonce a été riche en détails impossibles à mésinterpréter. Outre la protection des mineurs et l’amélioration des dispositifs de prévention, le gendarme des jeux s’est particulièrement attelé à limiter l’intensité publicitaire.

Ces grandes lignes sont ressorties en marge d’une large consultation publique lancée depuis septembre 2021. L’autorité s’appuie aussi sur une étude de l’impact de la publicité sur les habitudes de jeu. Ce revirement survient après les déboires de 2021, à la suite de l’Euro de football. Durant la compétition, les observateurs ont relevé une « sursaturation » des actions promotionnelles des opérateurs.

Rappel et interprétation des règles déjà en vigueur

Dans cette note, l’ANJ a apporté des éclaircissements en ce qui concerne les cadres de la communication sur les jeux et paris. D’emblée, le régulateur a rappelé aux opérateurs l’unique raison d’être de la promotion. Il s’agit de différencier leurs offres de celles des sites offshore.

Ainsi, les publicités ne peuvent « inciter au jeu excessif ». Il en va de même pour celles qui affirment arbitrairement des chances de gagner. Ces dernières ne doivent pas banaliser le jeu. Dans ces communications, les jeux d’argent ne doivent pas être assimilés à un moteur d’ascension sociale ou un substitut au travail rémunéré.

La protection des mineurs compte aussi parmi les préoccupations de l’ANJ. De fait, les régulations en vigueur prohibent les publicités mettant en scène des mineurs, ou des personnes qui y ressemblent. Les actes marketing ne doivent pas non plus suggérer que jouer est un passe-temps comme les autres et qu’il est naturel d’en faire un loisir.

L’ANJ s’est attaquée plus particulièrement aux contenus qui insinuent que « jouer contribue à la réussite sociale ». Le régulateur entend par là que les publicités ne peuvent associer le fait de jouer au succès financier, relationnel ou amoureux. Ni au respect ou au pouvoir. De fait, les actions promotionnelles n’ont pas le droit de dépeindre les « signes extérieurs de la richesse ou de produits de luxe ». Elles ne peuvent également promettre « la possibilité de changer de statut social » ni le fait de vivre des expériences inédites ou réservées à une élite aisée.

Les mauvais élèves risquent le retrait de leur communication, voire des poursuites.

Réduire l’intensité des publicités

Les recommandations publiées par l’ANJ ont pour but de « restreindre l’intensité de la pression publicitaire sur l’ensemble des canaux médiatiques ». Ceci en réponse à la recrudescence des actions promotionnelles, notamment les paris sportifs.

Tous supports confondus, la bonne pratique consisterait à 3 communications par jour et par canal. L’ANJ suggère que les opérateurs proposent un « modérateur de publicité » sur leurs plateformes. Ce dispositif permettrait au joueur de décider de la quantité de notifications qu’il souhaite recevoir.

Par ailleurs, les influenceurs engagés, majeurs, ne devraient pas avoir une apparence physique qui évoque un mineur. Leur audience de moins de 18 ans devrait être inférieure à 16 %.

Contrairement aux cadres de la publicité, ces recommandations n’ont pas force de loi. Les opérateurs restent libres de décider.