Protestations contre le projet du premier casino de Papouasie–Nouvelle-Guinée

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L’entreprise Paga Hill envisage de se lancer dans la construction du premier casino de Papouasie–Nouvelle-Guinée. Cependant, le projet se heurte à de vives protestations. Outre les impacts sociaux, la participation de l’autorité de régulation des jeux du pays en tant qu’investisseur a aussi provoqué un lever de bouclier.

Le régulateur participe au projet

Le 28 mai dernier, Paga Hill et le régulateur des jeux de la Papouasie–Nouvelle-Guinée (National Gaming Control Board) ont signé un protocole d’accord. Le partenariat porte sur la construction du premier casino de ce pays au large de l’océan Pacifique. Les deux entités prévoient d’injecter 43 millions de dollars pour sortir de terre le complexe. L’établissement sera à l’image des casinos de Las Vegas avec un hôtel, une galerie commerciale, des restaurants et des salles de cinéma.

Toutefois, cette annonce a suscité une véritable polémique. Transparency International a par exemple pointé du doigt l’implication du NGCB dans ce projet. Pour Peter Aitsi, le représentant de cette organisation internationale non gouvernementale, le régulateur devrait tenir son rôle. Il a utilisé la métaphore du football en comparant le NGCB à un arbitre chargé d’appliquer les règles du jeu et qui ne peut se comporter comme un joueur. « L’expérience mondiale des casinos suggère une probabilité accrue de blanchiment d’argent et d’influence politique indue lorsque le régulateur est faible ou compromis », renchérit-il.

Les méfaits des jeux d’argent créent la polémique

D’autres boucliers se lèvent concernant les méfaits du jeu. Le directeur d’un groupe de réflexion indépendant, Paul Barker, affirme que la Papouasie–Nouvelle-Guinée ne dispose pas encore d’une législation forte sur les jeux d’argent. Ce dernier a rappelé les conséquences de l’introduction des machines à sous dans le pays. Certaines personnes ont développé une forme d’addiction, elles ont dépensé leurs revenus et se sont endettées. Ainsi, la situation risque d’empirer avec le lancement d’un casino. De plus, le niveau de corruption ne peut garantir la bonne gouvernance. L’établissement de jeux pourrait même servir de brèche aux opérations de blanchiment d’argent.

Paul Baker a souligné que contrairement à l’Australie, la Papouasie–Nouvelle-Guinée n’a pas la capacité de gérer l’industrie du jeu. Pourtant, ce pays voisin affiche un plus taux de dépendance au jeu les plus élevés au monde.

L’Église catholique dénonce les gros investissements pour le casino alors qu’aucun projet de divertissement n’est proposé pour les jeunes.

Des emplois et des touristes

Malgré ces protestations, Paga Hill défend son projet. Le directeur d’exploitation, George Hallit, assure que le casino va générer des milliers d’emplois directs et indirects. De plus, le complexe ne cible pas les locaux, mais une clientèle étrangère. L’établissement permettra donc d’attirer des touristes étant donné que seul un tiers des visites en Papouasie–Nouvelle-Guinée est lié au tourisme. L’investisseur table sur la croissance de la Chine et l’attrait de ses ressortissants pour les jeux d’argent. En effet, 90 % des touristes chinois qui se rendent aux États-Unis visitent Las Vegas. Paga Hill compte offrir une alternative étant donné la proximité de la Papouasie–Nouvelle-Guinée avec l’empire du Milieu.

Apparemment, le NGCB ne compte pas faire machine arrière. Le régulateur déclare s’assurer de la conformité de la réglementation sur les jeux d’argent. Il envisage aussi d’introduire la loterie, le bingo et les paris en ligne en Papouasie–Nouvelle-Guinée.