Malte classé dans la liste grise du FATF, le gendarme mondial de la criminalité financière

Mauvaise nouvelle pour Malte. Les membres de l’organisme intergouvernemental Financial Action Task Force (FATF) luttant contre la criminalité financière ont placé cette île de la Méditerranée sur sa liste grise. Une décision qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur la notoriété de la juridiction maltaise dans l’industrie du jeu. Malte fera donc l’objet d’une […]

Mauvaise nouvelle pour Malte. Les membres de l’organisme intergouvernemental Financial Action Task Force (FATF) luttant contre la criminalité financière ont placé cette île de la Méditerranée sur sa liste grise. Une décision qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur la notoriété de la juridiction maltaise dans l’industrie du jeu. Malte fera donc l’objet d’une surveillance plus stricte à laquelle les opérateurs devront se conformer.

Malte, premier pays européen sanctionné par le FATF

Bien que les réunions du gendarme mondial de la criminalité financière (FATF) soient tenues secrètes, des indiscrétions affirment que Malte a été placé dans la liste grise. Un pays figure dans cette liste lorsque les membres de l’organisme estiment qu’il présente des lacunes dans les stratégies de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En d’autres termes, Malte présente un risque élevé en la matière. La liste grise comprend 6 autres pays, dont le Yémen, la Syrie, le Myanmar, le Nigeria, le Burkina Faso et la Roumaine.

L’archipel de la Méditerranée devient ainsi le premier État de l’Union Européenne à être sanctionné par le FATF. Cette décision implique une surveillance accrue pour le pays et ses opérateurs.

Cette décision du FATF porte un nouveau coup à l’image écorchée de Malte. Dans l’industrie des jeux d’argent, cette juridiction jouit d’une bonne renommée. De plus, elle propose des taux d’imposition compétitifs et des services financiers fluides du fait de son adhésion à l’UE. Mais cette notoriété s’est effritée avec l’implication de hauts responsables de la Malta Gaming Authority dans des trafics d’influence et de corruption.

Des mesures correctives attendues

Selon un quotidien local, la sanction du FATF se base sur la position de Malte par rapport aux plateformes de cryptomonnaie. En effet, l’État insulaire avait encouragé des opérateurs de monnaie numérique avant de mettre en place la législation. On avance même que 60 milliards d’euros de cryptomonnaie ont transité par Malte quand la réglementation était encore laxiste. D’autre part, le pays n’a pas engagé de poursuites judiciaires à l’encontre de responsables gouvernementaux mentionnés dans les Panama Papers.

Les autorités maltaises ont exprimé leur indignation face au classement dans la liste grise. Nombreux ont qualifié la démarche du FATF d’injuste et même de punition nationale. En effet, le pays risque d’être moins attrayant pour les investisseurs. Le Fonds Monétaire International indique dans une étude que l’inscription dans une liste grise a entraîné une baisse significative des flux de capitaux. Les investisseurs préfèrent transférer leurs fonds dans des juridictions plus sûres.

Pour rectifier le tir, Malte devra appliquer un ensemble de mesures correctives. Lorsque ces actions porteront leurs fruits, l’archipel pourra être retiré de la liste grise. Le délai que cela prendra peut aller de quelques moins à un an. Mais cela dépend avant tout de la volonté des autorités maltaises.