Londres : Crown Aspinalls condamné pour ségrégation raciale

Crown continue sa descente aux enfers. Un nouveau scandale secoue sa branche londonienne. Les croupières noires de Crown Aspinalls dénoncent des discriminations raciales portées à leur encontre. Des exigences émanant des joueurs Chez Crown Aspinalls, le client est roi, surtout s’il a de l’argent. Le casino se plie aux quatre volontés de ses joueurs vedettes […]

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Crown continue sa descente aux enfers. Un nouveau scandale secoue sa branche londonienne. Les croupières noires de Crown Aspinalls dénoncent des discriminations raciales portées à leur encontre.

Des exigences émanant des joueurs

Chez Crown Aspinalls, le client est roi, surtout s’il a de l’argent. Le casino se plie aux quatre volontés de ses joueurs vedettes au mépris de la loi et de l’éthique de travail.

Semhar Tesfagiorgis, une ancienne croupière de la maison de jeu raconte que les employés noirs sont cachés de la vue d’une clientèle particulièrement raciste. Certains joueurs ne veulent que des individus de race blanche pour les servir et le casino cède à leurs caprices. Les demandes de « croupiers à la peau claire » sont acceptées pour les joueurs asiatiques par « pure superstition », indique Semhar Tesfagiorgis. Cette dernière a déjà fait un recours hiérarchique concernant cette situation, sans succès. Selon ses dires, un des managers lui a répondu « vous vous attendiez à ce que je refuse un parieur d’un million de livres ».

Ces pratiques sont devenues monnaie courante dans l’établissement de jeu. La croupière saisit le tribunal de travail de Londres pour faire entendre la voix de ses collègues, dénoncer ces injustices et faire évoluer les choses.

Pendant le procès, Crown Aspinalls se défend en avançant « qu’il était nécessaire de satisfaire les demandes des clients, aussi déraisonnables soient-elles, afin de promouvoir les intérêts de l’entreprise ».

Semhar Tesfagiorgis a eu gain de cause. Le juge saisi de l’affaire déclare : « Nous estimons qu’il s’agit d’une discrimination directe. La raison pour laquelle la plaignante n’a pas été amenée à s’occuper du commerce était qu’elle était noire ».

Le tribunal du travail n’a pas pu trancher sur le sort des clients racistes. Pourtant, ils sont tout aussi coupables que Crown Aspinalls. Semhar Tesfagiorgis a cité le nom du joueur, Pravech Rattanapian, pendant son procès. C’est l’individu qui voulait des « croupiers à la peau claire » le 04 décembre 2019.

Propos haineux et racistes

Beaucoup de mœurs restent à changer chez Crown Aspinalls.

En effet, la maison permet également aux joueurs de proférer des discours racistes à l’encontre des croupiers noirs. Ces derniers sont traités de « noir stupide », « blackie » avec d’autres propos injurieux sans que les administrateurs de la maison de jeu ne prennent des mesures pour les protéger. Lors du procès, les gérants du casino ont juste qualifié ces incidents « d’erreurs ».

Semhar Tesfagiorgis justifie d’une expérience de 13 ans chez Crown Aspinalls. Elle affirme être « la première femme noire embauchée dans le secteur des jeux », et déclare que depuis toutes ses années de service, aucun homme noir n’a été embauché pour un travail nécessitant un contact direct avec les joueurs.

L’ex-employée de Crown Aspinalls se réjouit de cette première victoire contre le casino. Selon elle : « La discrimination directe que moi-même et d’autres collègues noirs avons subie n’était pas un incident isolé… ». Même si le tribunal n’a pas pu se prononcer sur d’autres incidents antérieurs à cause des délais impartis, il a reconnu ces cas. Désormais, Crown Aspinalls doit aussi reconnaître ses torts.

Crown Aspinalls devra verser une indemnité à son ancienne employée. Le tribunal n’a pas encore statué sur le montant à payer.