Les clubs de poker de Dallas obtiennent gain de cause

La catastrophe a été évitée de peu. Sommés de fermer en décembre 2021, les clubs de poker de Dallas pourront finalement poursuivre leurs activités. Suite à des pressions de la part du procureur municipal, le Conseil de la ville avait révoqué une autorisation délivrée par elle-même quelques mois plutôt. Les autorités considéraient que ces établissements […]

Les clubs de poker de Dallas accusés de jeux illégaux ont failli fermer

La catastrophe a été évitée de peu. Sommés de fermer en décembre 2021, les clubs de poker de Dallas pourront finalement poursuivre leurs activités. Suite à des pressions de la part du procureur municipal, le Conseil de la ville avait révoqué une autorisation délivrée par elle-même quelques mois plutôt. Les autorités considéraient que ces établissements vivaient des jeux d’argent.

Mais le Board of Adjustement, qui s’occupe, entre autres de traiter les recours en appel pour des décisions administratives municipales, n’a pas été convaincu par les arguments du procureur.

Pour apprécier tout le sel de cette histoire, il faut savoir que les casinos et les jeux d’argent en ligne ou au sein d’établissement physique en général sont illégaux dans de nombreux États américains, y compris au Texas. Celui-ci fait même partie des plus strictes en la matière. Anecdote ironique au berceau du Hold’Em.

Une zone grise de la loi

Compte tenu de la législation de l’État, il parait étonnant que les clubs de poker aient pu ouvrir. En fait, le chapitre 47 du Code pénal du Texas a défini des exceptions. D’abord, la personne se livre au jeu dans un lieu privé. Pour assurer l’organisation des jeux, personne n’a reçu d’avantage économique autre que des gains personnels. De plus, les risques de perdre ou de gagner doivent être les mêmes pour tous. En vertu de quoi les propriétaires de clubs ont pu ouvrir leur business.

Du point de vue des opposants, la loi n’offre aucune zone grise. Dans les grandes lignes, le chapitre 47 ferait référence aux jeux d’argent tenus à la maison entre particuliers.

Le CEO du club Texas Card House, principal concerné par les débats, ne démord pas. Il affirme ne tenir qu’un simple club de poker, où les amateurs du jeu de cartes peuvent s’affronter entre eux, moyennant frais d’adhésion.

Une question de vocabulaire ?

Dans ce bras de fer, les opposants n’ont pas hésité à pinailler sur les détails. Les perceptions semblent très différentes de part et d’autre des parties.

Du point de vue des clubs de poker, ils ne sont qu’un lieu où des gens viennent jouer contre d’autres gens. Contrairement aux casinos et établissements de jeux, le club ne se positionne pas comme « la maison ». Autrement dit, il ne prend aucun pourcentage sur les mises. En fait, les joueurs parient entre eux, comptent leurs pertes ou leurs gains. Bref, la salle ne touche pas à la question des mises : les membres s’arrangent entre eux.

Pour y accéder, la personne doit juste payer des frais d’adhésion. Le club fournit du matériel et vend des boissons non alcoolisées et des snacks. Ces 2 aspects permettent aux propriétaires de faire tourner leur business.

Cela ne convainc pas tout le monde. Certains conseillers municipaux de Dallas accusent les clubs de poker de vivre des jeux d’argent, à l’instar des casinos. Et même s’ils ne prélèvent rien sur les mises ! Ce qui revient à violer le Code pénal du Texas.

Quoi qu’il en soit, cette victoire n’est qu’un répit de courte durée. En effet, l’affaire devrait remonter devant une véritable cour de justice. Le Board of Adjustment n’a qu’un pouvoir de décision limité.