Les casinos en ligne illégaux prospèrent face à l’inaction de la police au Québec

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Les sites de paris sportifs et de jeux de casino illégaux sont florissants au Québec. Les opérateurs profitent de l’inaction de la police, mais aussi du cadre juridique assez ambigu. De plus, ce type d’infraction n’est pas une priorité pour les forces de police qui préfèrent consacrer ses ressources dans la lutte contre d’autres formes de criminalité. Les autorités du pays reconnaissent que le phénomène des casinos en ligne illégaux ne peut être ignoré.

Croissance des sites de jeux d’argent illégaux

Les casinos en ligne illégaux connaissent un succès grandissant au Québec. Cependant, cette situation ne semble pas alerter les autorités concernées. La Presse, un quotidien local, a donc décidé de se pencher sur le sujet.

D’après la législation canadienne, les paris organisés doivent être supervisés par des organismes agréés tels que Loto-Québec. Pourtant, des sites de jeux d’argent illégaux proposent ouvertement leurs différentes offres. Face à ce phénomène, le journal note une police impassible. Les gardiens de la paix évoquent plusieurs raisons pour ne pas intervenir. D’abord, les plateformes de jeux illégales ne sont pas une priorité. La police concentre ses éléments sur des affaires plus dommageables. En outre, elle n’a reçu aucune plainte contre les casinos en ligne. Cette inaction prévaut depuis 2014, où un rapport du gouvernement indique que la police n’a mené aucune action qui cible les jeux d’argent en ligne au cours des 3 précédentes années.

Les forces de police ne prennent pas d’initiative étant donné l’ambigüité de la tutelle sur les casinos en ligne. Elles renvoient la balle au gouvernement provincial qui nie toute responsabilité. D’autre part, la Sûreté du Québec a affirmé que la police municipale est chargée des jeux d’argent en ligne illégaux.

Autre pierre d’achoppement : les entreprises qui exploitent des sites de paris ont leur siège social à l’étranger. Ainsi, la police ne peut engager aucune intervention.

Des entreprises qui opèrent sur le sol canadien

L’enquête de La Presse met en lumière des entreprises de jeux d’argent basées à l’étranger, mais qui exploitent des plateformes de jeux depuis le Québec. Le groupe GAC créé par Normand Gosselin en est l’exemple. L’homme d’affaires a fondé la compagnie à l’île de Man. Toutefois, il exploite PlayNumbersGame depuis un bungalow, au Québec. Le site présente une ludothèque diversifiée incluant des jeux avec croupiers en direct. Normand Gosselin déplore les lacunes au niveau de législation. D’après lui, une société basée au Québec ne peut proposer des jeux d’argent sur internet alors qu’elle en a le droit si elle est basée à l’étranger.

Le Code criminel au Canada interdit toute forme de jeux de casino en ligne. La démarche de l’Ontario prête pourtant à la confusion. La province a accordé une aide d’urgence de 40 000 dollars à Royal Wins Corporation. Ce soutien financier entre dans le cadre du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC), un programme d’aide face à la crise du Covid-19. Basée auparavant en Australie, la firme a déménagé le siège social à Toronto. De ce fait, ses activités de jeux d’argent en ligne deviennent répréhensibles.

Jusqu’à présent, les autorités canadiennes n’ont pas défini des mesures concrètent pour lutter contre les sites de jeux d’argent illégaux. La situation est pourtant alarmante, car il est primordial de garantir un environnement de jeu sain à la clientèle.