Le président Bolsonaro contre la législation des jeux au Brésil

Longtemps privé des jeux de hasard originaux, le Brésil se dirige timidement vers une réglementation de ses types de divertissement. Toutefois, les législateurs s’opposent à un adversaire de taille étant donné que le président lui-même se dresse contre le projet. Un dirigeant soucieux de l’avenir des joueurs brésiliens Le président du Brésil, Jair Bolsonaro affirme […]

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Longtemps privé des jeux de hasard originaux, le Brésil se dirige timidement vers une réglementation de ses types de divertissement. Toutefois, les législateurs s’opposent à un adversaire de taille étant donné que le président lui-même se dresse contre le projet.

Un dirigeant soucieux de l’avenir des joueurs brésiliens

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro affirme haut et fort que les jeux d’argent sont une perte de temps. D’ailleurs, il a précisé qu’il ne permettrait jamais qu’un projet de régulation soit réalisé et qu’il mettra son veto si les législateurs persistent dans cette voie. Bolsonaro s’exprime : « le Congrès peut outrepasser le veto, mais ce sujet se soldera par un veto de ma part, point final ». Cette extrême protestation est aussi basée sur le fait que les jeux de casinos génèrent des pertes considérables au détriment des gains, autant pour le joueur que pour la nation. Manifestement, le président de la chambre des députés Arthur Lira a déjà créé une commission en charge des législations sur les jeux de hasard, notamment pour les jeux de casino, les paris sportifs, les jeux de loterie et même les divertissements en ligne. 

Suite aux annonces inattendues du président Bolsonaro, les membres du gouvernement favorables à la réglementation des jeux d’argent s’inquiètent. Certains ont dû plaider la cause avec insistance pour que les représentants de la loi considèrent enfin leur suggestion. D’autre part, une audience publique s’est tenue au sein des bâtiments du Parlement pour soutenir l’adoption d’une loi régissant les jeux de hasard. De son côté, Magno José, le rédacteur en chef de BNL Data déclare que les jeux d’argent seraient enracinés dans la culture du Brésil et qu’il ne sert à rien de retarder l’inévitable. En revanche, il suggère aux autorités compétentes d’instaurer une procédure destinée aux traitements des cas problématiques pendant que le projet est en cours de révision.

Une réorganisation lucrative pour l’État

Sous le régime de l’ancien président du Brésil Michel Temer, des propositions similaires ont été abordées de 2016 à 2018. Seulement, le gouvernement a aussitôt réagi pour bloquer le projet de loi. À présent, les instigateurs du programme mettent de nouveau la proposition de régulation sur la table avec plus de détermination. D’autant plus qu’ils apportent un argument de poids pour l’occasion. Selon le porte-parole du Sénat, les opérateurs de jeux vont verser près de 9 milliards de dollars annuels au gouvernement si ce projet se concrétise. De plus, le sénateur Angelo Coronel estime que c’est l’idéal pour compenser les manques à gagner en vertu de la récente loi sur les réductions d’impôt.

Pour rappel, le Brésil est le 5e pays le plus vaste et le plus peuplé au monde. Cependant, les jeux d’argent sont prohibés sur le territoire brésilien depuis environ 70 ans alors qu’il possède un immense potentiel en termes de joueurs. Les seuls divertissements légaux au pays sont les paris hippiques et la loterie monopolisée par le gouvernement. D’après la constitution, le poker est également autorisé puisque c’est un jeu d’adresse. Les experts locaux estiment que l’ensemble de ces activités régulées génère la somme titanesque de 13 milliards de dollars. En outre, les jeux non réglementés raflent 5 milliards annuels au marché local. A priori, ces chiffres indiquent d’excellentes taxes sur revenus pour le gouvernement, dans l’éventualité où le marché est davantage exploité au Brésil.