Le gouvernement du Mexique en guerre contre les casinos

Chaque pays a sa propre politique vis-à-vis des jeux d’argent et de hasard. Si certains sont assez sévères concernant leur pratique, d’autres sont plus libéraux. C’était notamment le cas du Mexique qui avait sa propre réglementation, en fournissant des licences d’exploitation aux établissements légaux qui souhaitaient opérer dans le domaine. Mais suite à un remaniement gouvernemental, un changement drastique a eu lieu par rapport à la libéralisation des casinos.

Des mesures pour détruire l’industrie des jeux

Pour commencer, le gouvernement a l’intention d’imposer de nouvelles taxes aux opérateurs casinotiers. Pour l’instant, aucune information n’a filtré concernant la valeur de ces taxes. Ce qui est certain, c’est qu’elles seront déterminées de manière à mettre une pression extrême sur les établissements de jeux. Elles seront plus élevées que celles qui ont été prévues auparavant afin de faire fuir tout investisseur potentiellement intéressé par la reprise d’un établissement.

Ensuite, le président a ordonné la suspension des délivrances de licences d’exploitation. Ainsi, aucun nouvel établissement ne pourra ouvrir ses portes au Mexique jusqu’à ce que cette mesure soit levée. Or, Obrador n’a pas annoncé de durée exacte de cette suspension. Tout opérateur souhaitant ouvrir un casino dans le pays sera donc dans l’illégalité et s’exposera à des sanctions assez sévères. Il en est de même pour les opérateurs internationaux qui désirent s’implanter au Mexique, leur demande de licence sera systématiquement refusée.

De plus, le ministère de l’intérieur s’est vu remettre comme mission la révision de toutes les licences d’exploitation obtenues entre 2000 et 2006. Selon Olga Sanchez Cordéro, cette période a vu un bon nombre de licences obtenues de manière illicite. Une fois que ces licences non conformes seront identifiées, elles seront immédiatement supprimées et les établissements seront fermées.

Quant aux casinos en ligne, ni le président ni le gouvernement ne s’est prononcé sur la possibilité de leur exploitation. Cependant, en passant en revue toutes les mesures prise, il s’annonce peu probable que les plateformes virtuelles de jeux de hasard soient autorisées au Mexique.  

Les intérêts politiques au détriment du bien de la population

Cette campagne contre les jeux d’argent s’avère étonnante de la part du président Manuel López Obrador. En effet, le Covid-19 a entrainé une crise économique dans tous les pays du monde. Pour essayer de se réléver, la majorité a opté pour une libéralisation des jeux de hasard. En procédant de la sorte, les taxes sur les revenus des casinos permettent un appui conséquent aux finances publiques. C’est notamment le cas de son voisin direct, le Brésil. Ce grand pays a ainsi incité tous les établissements de jeux de hasard à reprendre leurs activités pour renflouer ses caisses.

Les mesures prises par le président mexicain laissent à penser qu’il s’agit surtout de décisions politiques. En effet, comme l’ancien gouvernement accordait beaucoup de liberté à l’industrie des casinos, l’actuel peut juste prendre des décisions pour se démarquer. La protection de la population peut alors être négligé pour favoriser les intérêts du nouveau parti au pouvoir et son ascendant sur les autres partis existants dans le pays.

Bien avant l’élection du président Manuel López Obrador, le Mexique était considéré comme un pays miné par la corruption à tous les niveaux. Dès sa prise de fonction, le président a fait de la lutte contre ce fléau son cheval de bataille. Comme les établissements de jeux de hasard ont la réputation d’être les endroits privilégiés des blanchisseurs d’argent, Obrador a décidé de s’attaquer directement à eux. Il a annoncé très clairement son intention de débarrasser le pays des casinos, des salles de jeux et toute sociétés ayant un lien de près ou de loin avec l’industrie des jeux d’argent. Même si le contenu de cette annonce s’avère difficile à réaliser rapidement, c’est tout de même une vraiment très inquiétante pour les établissements concernés.