Le Brésil met en œuvre la réglementation des paris sportifs

L’industrie des jeux d’argent est dans un tournant décisif au Brésil. Deux ans après la promulgation de la loi sur les paris sportifs, le président Jair Bolsonaro a enfin signé le décret pour sa mise en œuvre. 2 entités seront en charge de la réalisation de cette loi. Cette réglementation vise à assurer la sécurité […]

Rio de janeiro, Brésil

L’industrie des jeux d’argent est dans un tournant décisif au Brésil. Deux ans après la promulgation de la loi sur les paris sportifs, le président Jair Bolsonaro a enfin signé le décret pour sa mise en œuvre. 2 entités seront en charge de la réalisation de cette loi. Cette réglementation vise à assurer la sécurité des joueurs brésiliens et plus de revenus aux caisses de l’État.

Privatisation et réglementation des paris sportifs

Les amateurs de jeux d’argent brésiliens pourront bientôt placer des mises avec des opérateurs locaux. Le décret récemment signé par le président Jair Bolsonaro accorde, en effet, la mise en œuvre de la loi sur les paris sportifs qui inclut la privatisation de ce secteur. Cette étape s’inscrit dans la continuité de la promulgation de la loi sur les paris sportifs en 2018.

L’exécution de cette nouvelle législation est confiée à la Banque Nationale de Développement économique et social (BNDES) ainsi qu’au ministère de l’Économie. Les deux entités ont déjà commencé par le processus de privatisation des loteries fédérales. En effet, les paris sportifs sont considérés comme un service de loterie public. En outre, la BNDES et le ministère seront aussi chargés de la sélection des opérateurs de paris sportifs. Selon le Secrétaire à la politique publique, à la planification, à l’énergie et à la loterie (SECAP), le nombre de licences de paris accordées dans tout le pays sera limité à 30 incluant des agences de paris terrestres et des sites de paris en ligne.

Le Brésil a ainsi franchi un nouveau cap. Dans les prochains mois, on s’attend à divers changements dans le secteur des paris sportifs.  

Une relance économique après le Covid-19

La privatisation des paris sportifs revêt une dimension économique. Elle entre dans le cadre de la relance après les lourdes conséquences de la pandémie du Covid-19 sur l’économie brésilienne. Selon les statistiques officielles, la croissance du pays a régressé de 1,5 % au cours du premier trimestre de cette année. Le gouvernement a donc mis en place à travers le programme PPI des mesures pour encourager les entreprises et stimuler la croissance. Au mois de juin, les paris sportifs ont donc été intégrés au programme PPI afin de permettre aux opérateurs privés d’investir dans ce nouveau marché.

La réglementation des paris sportifs entraînera une nouvelle source de revenus et permettra au Brésil de renflouer ses caisses. Comme ce type de paris est illégal dans le pays, les joueurs se tournent vers des sites étrangers. On estime que les Brésiliens placent des mises entre 300 millions et 1,5 million de dollars sur les bookmakers étrangers. Avec la mise en place de sites de paris locaux, le pays ne compte plus enregistrer ce manque à gagner. D’autre part, les nouvelles sociétés de paris sportifs devraient favoriser la création d’emplois.

En réglementant les paris sportifs, le Brésil entend renforcer la sécurité des parieurs. Comme les bookmakers ne seront autorisés à opérer qu’en obtenant une licence, ils devront respecter un certain nombre de critères, dont la sécurité des joueurs. Les sociétés de paris gagnent également en confiance, car leurs activités sont aussi protégées.

Les investisseurs s’activent

Même si la signature du décret sur les paris sportifs est un grand pas en avant, les bookmakers ne pourront pas se jeter à l’eau cette année. Aucun calendrier n’a été établi et la sélection pour l’obtention d’une licence de jeu demande également du temps.

Néanmoins, les investisseurs ont pris l’application de la règlementation comme un bon signe. Bon nombre d’entre eux préparent déjà le terrain à l’instar du bookmaker Betsson qui s’est associé à l’opérateur de paris sur les courses Suaposta. D’autres soignent déjà leur image, sur 20 clubs de football brésiliens de série A, 14 ont conclu un partenariat avec de bookmakers.