Ladbrokes au cœur d’un scandale médiatisé sur des aides du gouvernement

Ladbrokes, filiale du groupe Entain, subit les jugements sociaux pour avoir reçu des aides du gouvernement britannique. Il s’avère que la société a profité du programme de chômage technique mis en place pour faire face à la pandémie de Covid19. Toutefois, le journal The Guardian révèle que l’état de ses finances ne nécessite pas cet […]

Ladbrokes est une filiale du groupe Entain

Ladbrokes, filiale du groupe Entain, subit les jugements sociaux pour avoir reçu des aides du gouvernement britannique. Il s’avère que la société a profité du programme de chômage technique mis en place pour faire face à la pandémie de Covid19. Toutefois, le journal The Guardian révèle que l’état de ses finances ne nécessite pas cet appui. Le quotidien estime que Ladbrokes devrait rendre l’argent. La PDG d’Entain, pour sa part, préfère attendre.

Des aides du gouvernement à l’origine de la controverse sur Ladbrokes

Le gouvernement britannique met sur pied le programme de chômage technique afin d’aider les entreprises à faire face au Covid19. En effet, la fermeture de divers établissements entraîne des pertes conséquentes. Ladbrokes, filiale d’Entain, a ainsi reçu 57,5 millions de livres sterling en 2020. La maladie ayant persisté, elle bénéficie encore de 44 millions £ en 2021. Ces subventions semblent justifiées, car les magasins de pari du groupe sont restés fermés sur une longue période. En outre, plusieurs évènements sportifs très attendus ont dû être annulés. Ces restrictions ont impacté l’activité de Ladbrokes. Le bilan financier a rapporté une baisse des revenus à seulement 681 millions £ en 2020, contre 983 millions £ avant la pandémie.

Toutefois, Ladbrokes appartient au groupe Entain. The Guardian révèle que ce puissant opérateur de jeux d’argent n’a pas souffert de la crise sanitaire. En 2020, le géant britannique a affiché des produits de jeux d’une valeur de 3,6 milliards de livres sterling. Entain obtient de tels résultats grâce à l’accroissement de l’intérêt pour les jeux d’argent en ligne. Ces statistiques se rapprochent des chiffres réalisés durant la période pré-Covid19. Le journal conclut que la société mère n’aurait pas du bénéficier d’aides, car il apparaît clair qu’elle n’en a pas besoin.

De son côté, Jette Nygaard-Andersen, PDG d’Entain, ne partage pas le même avis. Elle explique que le groupe a utilisé cette aide pour maintenir les 14 000 employés à plein salaire. Aucun détournement de fonds n’a donc eu lieu. Ensuite, elle rappelle que le gouvernement a octroyé cet argent pour lutter contre le Covid19. Or, la maladie reste toujours d’actualité. La présidente préfère dès lors prendre son temps avant de restituer la somme, si besoin est. L’incertitude liée à l’évolution de la situation sanitaire l’encourage à bien réfléchir avant de se défaire d’une telle somme.

Un scandale qui tombe à un mauvais moment

Cette mauvaise presse apportée par The Guardian ne sert pas les intérêts d’Entain. En effet, les opérateurs de jeux d’argent doivent prêter une attention particulière à leur image en ce moment. Cela tient au fait que le gouvernement prévoit une révision de la loi sur les jeux de hasard. Cette règlementation, datant de 2005, laisse une grande marge de manœuvre aux acteurs de ce marché. Si les opérateurs ne montrent pas une certaine faculté d’autorégulation, les législateurs pourraient renforcer les contrôles. Cette option serait dommageable pour les sociétés, mais aussi pour les joueurs. Jette Nygaard-Andersen craint que des mesures trop strictes entraînent une escalade vers le marché noir.
Pour sa part, Entain a toujours montré un comportement irréprochable. Il a fait preuve de sa bonne foi en s’interdisant de faire des publicités autour d’évènements sportifs.