Chili : le nouveau paysage des jeux d’argent en ligne

Protection des joueurs et redevances. Voilà en quelques mots les grandes lignes du texte de loi sur les jeux d’argent du Chili. La proposition de loi est présentée au début du mois de mars 2022. Elle est pensée pour être un cadre flexible pour une industrie naissante en perpétuelle évolution. Une industrie opérationnelle à régulariser […]

Le Chili s'apprête à réglementer l'industrie des jeux d'argent

Protection des joueurs et redevances. Voilà en quelques mots les grandes lignes du texte de loi sur les jeux d’argent du Chili. La proposition de loi est présentée au début du mois de mars 2022. Elle est pensée pour être un cadre flexible pour une industrie naissante en perpétuelle évolution.

Une industrie opérationnelle à régulariser

Très conscient du contexte local, le ministre des Finances chilien a admis être face à une industrie déjà opérationnelle, et qui nécessite régulation.

Le texte prévoit un système de licence. Chaque accréditation est valable pour 5 ans non renouvelables. Les opérateurs devront s’acquitter de frais annuels de 65 000 € environ. Par ailleurs, ils peuvent également acquérir une licence spéciale de 60 jours pour environ 6 000 €. Les bénéficiaires de ces licences pourront proposer toutes les versions virtuelles des jeux autorisés dans le pays. Cependant, la loterie fait objet d’une exception.

La question des taxes constitue une part importante de ce projet de loi. De ce fait, les opérateurs seront soumis à une taxe de 20 %. En outre, 50 millions de dollars seront versés à des initiatives sociales. De leur côté, les joueurs seront imposables à hauteur de 15 % sur leurs gains. Rien que sur cette mesure, les revenus de l’État se chiffreraient à 9 millions d’euros la première année. Puis, 47 millions d’euros à la fin des 5 premières années.

Si ce projet de loi est adopté, les opérateurs auront l’obligation d’offrir un minimum de 1% de leur chiffre d’affaires à des œuvres en faveur du jeu responsable. D’ailleurs, une politique y afférente devrait également voir le jour, en addition à ce code.

L’âge légal est fixé à 21 ans, avec l’impératif de posséder un numéro d’identification (RUN).

Les paris sportifs dans le collimateur

Le code réserve un traitement particulier aux paris sportifs. Dans les faits, les bookmakers prospèrent en toute illégalité. Ils nouent même de nombreux partenariats. Les plateformes en ligne soutiennent 11 des 16 équipes de football en première division.

Outre les taxes de rigueur, les opérateurs devront respecter une imposition à hauteur de 2 %. De cette manière, la somme récoltée ira aux fédérations des sports concernés par leur business, afin de développer l’activité des clubs. Et le cas échéant, le Comité olympique et paralympique recevra les fonds.

Vache à lait de l’État ?

Avec le développement d’internet, les jeux d’argent en ligne ont pris d’assaut le marché chilien avec près de 900 sites accessibles. Ce sont des chiffres de l’autorité de régulation elle-même. Leur légalisation va permettre d’augmenter les recettes de l’État.

En 2019, les casinos terrestres affichaient 557 millions d’euros de revenus. Sur les 210 millions de taxes versées, 70 millions d’euros environ sont alloués aux communes et régions d’accueil des casinos. Pour l’industrie en ligne par contre, les estimations font miroiter près de 50 millions de dollars potentiels.

Sur ce point, les autorités chiliennes affirment être conscientes de l’utilité des casinos pour l’économie. En effet, ils sont source de revenus pour l’État et stimulent le tourisme. En revanche, le gouvernement affirme être conscient que l’évolution du secteur, exacerbée par la pandémie, nécessite de nouveaux encadrements.