Bilan positif pour le système d’auto-exclusion belge

Rapport sur Epis, système d'auto-exclusion belge

En Belgique, une enquête établit que les parieurs auto-exclus à l’aide du programme EPIS sont plutôt satisfaits des résultats. Pour rappel, ce « Système d’Information des Personnes Exclues » a pour objectif de limiter les préjudices liés aux jeux de hasard et d’argent en ligne. Détails sur le rapport.

Des résultats prometteurs

Lancé en 2004, le système EPIS regroupe les joueurs auto-exclus qui souhaitent se protéger de la dépendance au jeu, ou encore, mieux gérer leurs finances.

Afin d’évaluer l’efficacité du programme, la commission des jeux de hasard (CJH) a justement mené une enquête auprès des Belges qui ont utilisé ce système.

Bonne nouvelle. Le bilan est plutôt positif, au vu du rapport fourni par la CJH, représentée par sa présidente, Magali Clavie.

Ainsi, sur les 275 personnes interrogées, 90,2% ont confirmé les bienfaits qu’elles ont pu tirer du programme. Les concernés avouent qu’ils profitent, avant tout, d’une meilleure gestion de leurs finances après avoir adopté le système. Ensuite, vient l’amélioration des relations avec leur entourage.

D’après les mêmes répondants, la facilité du processus d’inscription et la simplicité d’usage constituent un des avantages majeurs d’EPIS. Voilà donc des résultats concrets qui témoignent de l’efficacité et de l’intérêt du programme, selon Magali Clavie.

Malgré tout, la présidente de la CJH belge a soulevé des manquements à compenser.

Des failles à combler pour plus d’efficacité

Certes, les résultats de l’enquête sont encourageants. Mais il faut préciser que le quart des personnes interrogées admettent avoir continué de jouer malgré leur auto-exclusion.

Si certains (25,7%) ont eu recours à des machines à sous, d’autres (24%) choisissent de se tourner vers les offres de la Loterie nationale. Mais il y a aussi ceux qui ont opté tout bonnement pour le marché clandestin, soit 33,8% des répondants.

C’est pour cette raison que l’organisme prévoit d’élargir le champ d’application d’EPIS. Jusqu’à couvrir toutes les typologies de jeux d’argent. Le but étant d’optimiser l’efficacité du programme à l’égard des parieurs belges.

Magali Clavie a, en outre, souligné la nécessité de limiter davantage l’usage du marketing direct auprès des joueurs fragiles. A cela doit s’ajouter la réduction globale du volume de publicité.

D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes. 65,8% des joueurs interrogés affirment avoir reçu des offres via du marketing direct.

Renforcer et vulgariser les sensibilisations

Pour aller encore plus loin, la CJH estime que les mesures restrictives au niveau des publicités ne suffisent pas. En effet, il faudra aussi et surtout multiplier davantage les campagnes de sensibilisation auprès des concernés.

Le même rapport a révélé que, pour le moment, très peu de joueurs à risque suivent le programme EPIS. Et ce, malgré le nombre grandissant de joueurs qui souffrent de dépendance.

Ainsi, le meilleur moyen de pallier ce danger, c’est de sensibiliser le plus grand nombre sur l’intérêt de ce système.

Les populations cibles doivent, en effet, savoir que le programme vise aussi à anticiper l’addiction aux jeux de hasard, au-delà de ses apports curatifs.

La CJH appelle même les opérateurs et les casinos belges en ligne à favoriser la visibilité d’EPIS sur leurs sites internet. L’objectif étant toujours de sensibiliser les parieurs sur l’existence du programme d’auto-exclusion.

Le tout doit faire bon ménage avec les mesures déjà mises en œuvre par le gouvernement belge.